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RÉSOLUTION PÉDAGOGIQUE mai 2016 (2ème partie)

PARTIE 2 - Le projet éducatif et professionnel du SNCL-FAEN préconise un ensemble de solutions pour résoudre la profonde crise qui touche notre système éducatif.

POUR LA FORMATION

 

Le SNCL-FAEN demande, pour tous les personnels, la mise en place d'une politique de formation performante et ambitieuse.

 

1 - La formation initiale

 

L’anticipation des départs à la retraite doit se faire avec l’augmentation du nombre de postes mis aux différents concours (plan pluriannuel de recrutement, publication du nombre de postes ouverts par concours et par discipline avant l‘ouverture des registres d‘inscription).

 

Nos positions sont claires et s’étalent sur 2 périodes différentes mais complémentaires :

 

  • La formation initiale (préprofessionnelle et professionnelle).
  • La formation continue.

 

Cette dernière doit rester ambitieuse et certifiante, tout au long de la carrière pour répondre aux contraintes évolutives du métier. Le SNCL-FAEN prône une refonte complète des concours externes de recrutement, afin de mieux prendre en compte la spécificité des métiers de l'enseignement et leurs évolutions.

 

La préprofessionnalisation aux métiers de l’éducation, facultative, doit être proposée aux étudiants dès la première année de licence. Ces modules devraient pouvoir être pris en compte pour valider les diplômes universitaires.

 

Le SNCL-FAEN considère que la meilleure solution réside dans le passage du concours après la licence pour les CAPE, CAPLP, CACPE, CAPES et en fin de M1 pour l'agrégation. Ensuite, deux années de formation professionnelle, rémunérées de façon attractive et prises en compte pour le calcul de la pension avec le statut d’élève-professeur déboucheraient sur l'attribution du master.

 Pour garantir une meilleure qualité de formation, nous pensons que l’alternance entre l’établissement d’exercice et l’université doit être régulière dans le but de lier plus intimement les formations pratique et théorique.

 

Il nous paraît indispensable d’adapter régulièrement les concours et leurs contenus à l’évolution des métiers de l’enseignement afin d’éviter les décalages entre ce qui est demandé et la réalité du terrain.

 

Il nous apparaît primordial que les stages se multiplient progressivement tout au long du cursus universitaire et de la préprofessionnalisation.

 

  • Dès la licence, des stages accompagnés à hauteur de 2h/semaine au second semestre et en binôme.

 

  • En master 1, avec le statut d’élève professeur 1ère année rémunéré avec retenue pour pension civile, les stages accompagnés, sur 2 semestres  doivent se répartir sur le premier et le second cycle de l’enseignement secondaire (1 en collège et 1 en lycée pour connaître la diversité des niveaux).

 

  • En master 2, avec le statut d’élève professeur 2e année rémunéré avec retenue pour pension civile,  des stages en responsabilité occupant 1/3 de l’année.

 

Pour le SNCL-FAEN, exercer pendant une durée significative au cours des 2 années de formation master en collège et en lycée, permet à l’étudiant, candidat à l’enseignement, de découvrir le métier auquel il se destine.

 

  • La première année de titularisation avec 3 heures de décharge pour formation professionnelle initiale prolongée.

 

A ce propos, nous estimons que l'attribution d'une indemnité de première affectation lors de la première titularisation doit être systématique.

 

  • La seconde année de titularisation, un allègement d’ 1 heure par semaine permettra d’établir un pont entre formation initiale et formation continue. 

 

Les stagiaires doivent être affectés en établissement en fonction de la présence d’un tuteur. Ils ne doivent pas servir à occuper les postes non pourvus. Le tuteur doit être recruté sur la base du volontariat.

 

Les tuteurs volontaires doivent bénéficier d’une décharge de service. Ceci leur permettrait de s’investir davantage dans l’accompagnement de leur stagiaire.

 

Le SNCL-FAEN considère que la formation professionnelle doit s’orienter vers la gestion des groupes, des situations de crise, la pédagogie et la psychologie des adolescents et porter l’accent sur la législation et la réglementation, les règles de sécurité et la responsabilité.

 

Il s’agira alors d’une véritable formation post concours, avec une entrée progressive  et réaliste dans le métier.

 

2 - Pour la formation continue

 

Le SNCL-FAEN dénonce le déficit de formation continue constaté dans l'Education nationale, tant par rapport aux autres administrations qu'au secteur privé.        

Cette situation est fortement préjudiciable à l'efficacité du système éducatif. 

 

Le SNCL-FAEN demande la définition d'une formation continue conçue comme une formation initiale prolongée ainsi que :

 

  • le bénéfice d’une décharge de service pour tout personnel changeant de type d’établissement ou de discipline afin de suivre une formation continue, 

 

  • une véritable formation continue tout au long de la carrière, prise sur le temps de travail et permettant à tous les collègues la maîtrise tant des nouveaux programmes que des nouvelles technologies en constante évolution, 

 

  • l’augmentation du contingent des congés de formation, 

 

  • une année pleine de formation adaptée pour tous les lauréats des concours internes ou assimilés, 

 

  • une formation spécifique destinée aux professeurs principaux pour leur permettre d'assurer dans de bonnes conditions les tâches multiples qui leur sont confiées (PPRE, participation à l'orientation, etc.). 

 

3 - Pour les non-titulaires

 

Le SNCL-FAEN réclame qu'une formation, initiale et continue, soit définie et mise en place pour tous les non-titulaires dès la première année de recrutement

 

 

ÉVALUATIONS ET EXAMENS

 

L'évaluation constitue un élément essentiel dans le repérage des élèves en difficulté et dans la vérification de l'assimilation des connaissances et de la structuration des savoirs.

 

Les professeurs doivent donc disposer du temps nécessaire à la préparation et à la réalisation d'évaluations régulières, parfois effectuées par des personnels extérieurs à l'établissement.

 

Ces évaluations des savoirs et des savoir-faire doivent être suivies d'actions de rattrapage plus individualisées pour traiter les causes très diverses des difficultés des élèves.

 

Le SNCL-FAEN dénonce la manipulation qui consiste à remettre en cause l’évaluation des élèves par leurs professeurs pour cacher leurs baisses de niveau.

 

Il demande l’arrêt des évaluations des seules compétences basées sur le seul socle commun et l’abandon du nouveau « livret scolaire numérique » qui représentera pour les professeurs perte de temps et surcharge de travail  sans bénéfice pour les élèves.

 

L’évaluation continue ne doit pas se substituer aux examens terminaux qui doivent rester des diplômes nationaux.

 

Le SNCL-FAEN dénonce les pressions de toutes origines exercées sur les professeurs lorsqu’ils notent des épreuves d’examen et lorsque le contrôle continu est pris en compte dans l'attribution des examens.

 

Le SNCL-FAEN dénonce également un abaissement des exigences qui, pour minorer la réalité de l'échec scolaire, dévalorise les examens et trompe les élèves ainsi que leurs familles.

 

 

LES PASSAGES DE CLASSE

 

Le SNCL-FAEN demande la suppression des passages automatiques de classes, démobilisateurs pour certains élèves, le respect de l'avis du conseil de classe et le remplacement des commissions d'appel par des examens d'appel.

 

Ces examens seraient passés à la même période que le brevet et les baccalauréats afin de ne pas perturber le fonctionnement des établissements.

 

 

L'ORIENTATION  

 

L'école a pour mission de prendre en charge des élèves très différents (compréhension, capacité de travail, entourage familial et social, etc.) et de permettre à chacun d'eux d'aller au maximum de ses possibilités.

 

L’orientation combine donc l’observation des élèves, leur large information et préparation, ainsi que celle de leur famille, la réflexion puis la décision.

 

Elle doit s’appuyer sur les goûts, aptitudes et acquis des élèves mais également tenir compte de l’évolution rapide de l’économie et l’augmentation de la fréquence des reconversions. L’élève doit pouvoir construire progressivement son parcours scolaire et son insertion professionnelle.

 

C’est pourquoi le SNCL-FAEN, qui souhaite la mise en place d’une orientation choisie plutôt que subie, demande que les élèves et leurs familles reçoivent progressivement, dès la classe de 5ème, une information complète sur les cursus scolaires, les métiers et leurs débouchés.

 

Les contenus généraux et le cadre de l’éducation à l’orientation doivent être fixés par le Ministère avec plus de précision et un horaire spécifique doit être prévu. Mais pour l'essentiel, l'élaboration des dispositifs doit demeurer du ressort de l'équipe éducative formée à l’orientation, en liaison avec les COPsy.

 

Un horaire minimum de présence des Conseillers d’Orientation Psychologues doit être fixé pour chaque classe, notamment dans le cadre de l’heure de vie de classe, ce qui implique la création de postes et le recrutement des personnels nécessaires.

 

Les élèves volontaires doivent pouvoir effectuer des stages de sensibilisation en entreprise et en lycée professionnel.

 

Ceux qui sont particulièrement motivés devront pouvoir bénéficier d'un véritable "droit à l'essai" permettant la découverte professionnelle en lycée professionnel dès la classe de 4e tout en conservant le statut de collégien (et donc la possibilité de retourner en collège jusqu'à 16 ans).

 

L'instauration de parcours variés de scolarité et une plus grande modularité du temps passé dans chaque cycle d'enseignement permettraient à des élèves plus lents, ou souhaitant effectuer des stages de sensibilisation ou de découverte,  de sortir de la seule alternative passage de classe ou redoublement.

 Le congrès du SNCL-FAEN demande également que des mesures concrètes soient enfin prises pour valoriser l'image des formations professionnelles :

 

  • orientation vers les formations professionnelles sur des critères de motivation, d'aptitudes et de compétences,

 

  • mise en place de véritables passerelles (dotées des moyens matériels et humains nécessaires) entre les voies générales, technologiques et professionnelles facilitant les réorientations ainsi que la poursuite d'études ou de formations,

 

  • l'élaboration de cursus de formations professionnelles permettant au détenteur d'un diplôme professionnel soit de s'insérer dans le monde du travail, soit de poursuivre sa formation, 

 

  • la fourniture par les établissements d’outils et d’équipements nécessaires à la voie professionnelle,

 

  • l'amélioration de l'orientation vers les formations professionnelles afin d’avoir une adéquation entre les vœux des élèves, les formations proposées et les débouchés.

 

Dans ce but le SNCL-FAEN demande que le ministère du travail publie, chaque année, les prévisions à court, moyen et long termes des besoins en recrutement de chaque branche professionnelle.

 

Compte tenu des parcours scolaires variés, de la nécessité de favoriser les réorientations en cours de formation et de permettre de probables reconversions ultérieures dans le cadre de la formation tout au long de la vie, le SNCL-FAEN demande que le passage des diplômes professionnels de niveau V se fasse en intégrant des unités de valeur capitalisables.

 

 

POUR DES PROGRAMMES RÉNOVÉS ET COHÉRENTS

 

L’école de la République devant scolariser tous les élèves et pas seulement ceux qui éprouvent des difficultés, les programmes ne sauraient se limiter au seul socle commun.

 

De même, le SNCL-FAEN est opposé aux nouveaux programmes du collège construits sur la notion de cycles conduisant dans le cycle 3 au renforcement de la primarisation du collège déjà affirmée dans la loi de refondation.

 Le SNCL-FAEN demande une plus grande lisibilité des programmes, tant pour les élèves et leur famille que pour les professeurs, de la sixième à la terminale, une plus grande adaptation à l’évolution de la société et de ses besoins.

 

Ceux-ci ne peuvent être rédigés qu’en tenant compte des avis des professionnels chargés de leur mise en œuvre.

 

Le SNCL-FAEN demande que toute réforme et tout changement de programme ne puissent se mettre en œuvre sans qu’une évaluation des précédents ait été faite. Le SNCL-FAEN exige que toute réforme et changement de programme ne puissent se mettre en place que progressivement (année après année).  

 

Les professeurs sont les mieux placés pour juger des difficultés rencontrées par les élèves pour assimiler les programmes.

 

Ces derniers devront être rédigés avec le souci constant des exigences en savoirs et en savoir-faire, de l’intérêt qu’ils pourront présenter pour l’élève, de la qualification requise pour l’enseignant, de la corrélation à la fois verticale intra disciplinaire et transversale pluridisciplinaire, mais aussi de l’horaire dévolu à la discipline.

 

Le SNCL-FAEN demande aussi une plus grande complémentarité entre les programmes des différentes disciplines. Ils devront être clairs, cohérents et réalisables.

 

 

LE REMPLACEMENT DES PROFESSEURS ABSENTS

 

Le SNCL-FAEN réaffirme son opposition résolue à l'imposition de "remplacements de courte durée" qui aggravent les conditions de travail et ne constituent, au mieux, qu'une garderie éducative.

 

Afin de favoriser la stabilité des équipes pédagogiques, le syndicat demande :

 

  • l’implantation à l’année d’un maximum de postes afin qu’ils soient pourvus à titre définitif dès le mouvement des titulaires,

 

  • l'augmentation du recrutement des enseignants du second degré afin de pourvoir tous les postes et de disposer d'un contingent suffisant de titulaires remplaçants dans toutes les disciplines, pour assurer l'intégralité des remplacements dès qu’ils sont portés à la connaissance de l’administration,

 

  • la définition de zones de remplacement plus réduites et la suppression des remplacements hors zone.

 

Le SNCL-FAEN demande également que les TZR n’exercent  que dans leur(s) discipline(s).