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En bref SUP...

Billet d'humeur : la LPR, ou l'art d'irriguer une terre déjà ravagée

Billet d'humeur : la LPR, ou l'art d'irriguer une terre déjà ravagée - SNCL

Les annonces ronflantes ont irrigué l’actualité universitaire sur le thème de « on n’avait jamais autant mis d’argent dans la recherche que sous ce gouvernement, nous bâtissons un avenir radieux pour la recherche et l’enseignement supérieur », « nous investissons pour l’avenir », soit « aie confiance ! ». Résultat, les universitaires sont vent debout contre le PIA4 ou plan d’innovation pour l’avenir, car l’enfumage est de rigueur, l’enseignement supérieur serait un « écosystème » (miné par la désertification, le manque d’argent, la pénurie à tous les étages), dont les fonds iront dans des domaines de recherches encore à détailler (sic) mais dont on pourra dire qu’ils sont plus que sélectifs. Les collègues s’insurgent, moquent « l’écosystème » qui sera « irrigué »par une pluie de milliards, à peu près équivalente au montant du premier PIA1 de 2010. En voilà une belle évolution ! En vérité, l’écosystème est déjà complètement à sec, et cela ne va pas s’arranger. 

 

Car foin des humanités (des délices de Capoue, dirait Brassens), la priorité sera donnée à quatre domaines scientifiques bien ciblés :

 -   Développement de l'hydrogène décarboné (Vidal vient d’installer un conseil scientifique dédié).

-       Cybersécurité.

-       Technologies quantiques.

-       Enseignement et numérique.

  

Quid alors de la transition énergétique, des nouvelles énergies, de l’environnement ? On savait le Ministère et le gouvernement très peu écolo-compatibles. La preuve en est encore donnée avec les onze projets à l’étude non encore finalisés, malgré les annonces très alléchantes du MESRI.

 

 Et la culture, les humanités, la recherche en sciences dites molles sont rigoureusement absentes. Un scandale et un très mauvais signe pour les étudiants et les enseignants qui s’investissent dans des champs disciplinaires aussi divers que les lettres, le droit, l’histoire, les arts, la linguistique, et j’en oublie…

 

Sophie Coquilhat-Brocq de haut