Rentrée 2017 : ordre et désordre

Rentrée 2017 : ordre et désordre - SNCL-FAEN

     En cette rentrée 2017, marquée par un discours déjà très polémique, le nouveau ministre de l’Education nationale a, semble-t-il, décidé de laisser une trace de son passage comme celui qui aura déboulonné toutes les statues.

 

     Présentant chacune de ses décisions comme guidée par le « pragmatisme » et reposant sur des « faits scientifiques », M. Blanquer omet cependant de préciser qu’il est certains domaines où la « science »  ne permet pas d’énoncer une vérité révélée sur ce qui peut être efficace dans un contexte et pas dans un autre…

 

     Plus contreproductif encore, il revient sur d’anciennes fractures comme pour le seul plaisir de la polémique (notamment à propos des méthodes de lecture syllabique ou globale), et présente comme une certitude irréfutable ce qui devrait raisonnablement rester du domaine de l’ambition (« 100 % de réussite au CP ») ; de même, même si le SNCL se félicite de se revirement, il ne manque pas de rouvrir des plaies douloureuses qui commençaient à peine à cicatriser en revenant sur la journée de 4 jours ou 4,5 jours dans le premier degré. Enfin, il fait mine de revenir sur la réforme du collège, alors qu'en vérité les DHG ont toutes été attribuées sous le quinquennat précédent

 

   Hélas, les enseignants ont encore beaucoup à craindre du mandat de ce nouveau ministre, notamment ce qui n’a pas encore été annoncé clairement mais qui se profile déjà à l'horizon :

 

  • Le recrutement des enseignants par les chefs d’établissement, choix incompatible, selon le SNCL, avec le maintien du statut de fonctionnaire d’Etat,

 

  • Une réforme du lycée qui, par le biais d’une refonte du baccalauréat, permettrait de récupérer des volumes horaires importants et ainsi supprimer encore des postes de fonctionnaires.

  

Le SNCL-FAEN examinera avec attention toutes les propositions qui seront mises sur la table en toute impartialité, tout au long de cette année scolaire, mais il prévient dès à présent le ministre qu’il veillera à ce que tous les engagements pris par le candidat Macron (prime de 3000 € en faveur des enseignants en Rep+ par exemple) ou par le gouvernement précédent (comme les accords PPCR sur la revalorisation salariale, déjà remis en cause par le ministre Darmanin) soient tenus.

 

Plutôt que des rodomontades médiatiques, les enseignants seraient sensibles en ce début d’année scolaire, à ce que M. Blanquer tourne enfin la page du quinquennat précédent en tenant ses engagements. Ce geste contribuerait à instaurer « la confiance » mutuelle entre les enseignants et leur hiérarchie qu’il dit appeler de ses vœux... bien davantage que de commencer un mandat en rétablissant un jour de carence pour la fonction publique, en tout cas !

 

Malgré ce contexte encore une fois difficile pour notre école et ses agents, le SNCL-FAEN souhaite une excellente rentrée 2017 à tous les collègues !

 

 

NON au recrutement par les chefs d'établissement

NON au recrutement par les chefs d'établissement - SNCL-FAEN

Les coups commencent à pleuvoir sur la tête des professeurs. Après la journée de carence (c’est-à-dire l’amputation d’une journée de salaire le premier jour d’un congé maladie), après la promesse de l’ouverture de « discussions » sur la réforme du bac, le recrutement des professeurs par leur supérieur hiérarchique représente un nouveau coup de Jarnac du ministre.


Celui-ci fait ainsi preuve d’une belle constance puisqu’il ressort aujourd’hui un à un tous les dossiers dont il avait la charge lorsqu’il était le bras droit du ministre sarkozyste Luc Chatel en 2012. Le dernier n’est pas le moins explosif et il aura du mal à le faire accepter.


Rappelons d’ailleurs que l’idée n’est pas neuve parce qu’elle avait déjà été testée dans les établissements Eclair sous un précédent quinquennat dans une poignée d’académies auxquelles il était demandé d’organiser des procédures de recrutements spécifiques dans l’éducation prioritaire pour des enseignants volontaires pour y travailler, même en dehors de leur académie, sur des projets spécifiques.


Le bilan est connu et sans surprise : les académies considérées comme attractives (Aix-Marseille, Bordeaux, Montpellier…) avaient rencontré moins de difficulté à recruter que des académies comme Créteil, Lille ou Versailles dont de nombreux postes étaient restés vacants.


Le ministre ne peut pas l’ignorer et comment comprendre qu’il persiste si ce n’est par idéologie


Il sait aussi que les contraintes budgétaires qui pèsent sur son ministère vont en entrainer de nouvelles sur les personnels et pense pouvoir les régler au cas par cas.


Le SNCL-FAEN, qui ne se résout pas à l’inaction sera sur sa route.

Contrats aidés supprimés : l'école peut-elle faire sans ?

Contrats aidés supprimés : l'école peut-elle faire sans ? - SNCL-FAEN

Parmi les personnels qui font fonctionner la machine Education nationale, figuraient jusqu’à très récemment les contrats aidés apportant un réel plus au système éducatif.

Il faudra dorénavant se passer de près de 160 000 d’entre eux dans ce seul ministère, le gouvernement ayant décidé, les contraintes budgétaires étant prioritaires, de resserrer les cordons de la bourse. Ce seront ainsi 20 000 contrats aidés qui manqueront dès ce vendredi 1er septembre dans les établissements scolaires par rapport à la fin de l'année scolaire précédente.

La ministre du Travail justifie cette décision par le fait que ces personnels ne sont pas « un élément déterminant dans la lutte contre le chômage ». Ce qui serait encore très discutable. Ce dispositif a tout de même un rôle social non négligeable lorsqu’il « met le pied à l’étrier » à certaines personnes qui étaient jusque-là éloignées du monde du travail.


Ils permettent à ces personnes d’acquérir une formation professionnelle qui leur permettra peut-être de retrouver un emploi. C’est le rôle de l’Etat dans un pays comme le nôtre que d’accompagner les personnes en difficulté, même si cela a un coût. Selon nous, il s’agit aussi d’un investissement. Au-delà, ces personnels ont aussi une réelle utilité par le savoir-faire qu’ils apportent dans les écoles, les cantines ou pour les activités périscolaires. Des emplois qui sont difficilement finançables sans l’aide de l’Etat.


Le SNCL-FAEN dénonce, une fois de plus, une erreur de méthode et la précipitation. La ministre du Travail prétend vouloir privilégier la formation de ces personnes plutôt que l’accompagnement. Au lieu de supprimer aux communes tout moyen de fonctionner du jour au lendemain, mettant certaines d’entre elles dans des difficultés insurmontables, il aurait été plus judicieux de s’assurer par avance des conséquences de telles décisions.

Du simple bon sens.

 

Défendre ses droits dès septembre !

Défendre ses droits dès septembre ! - SNCL-FAEN

Aimer son métier et envisager une nouvelle rentrée scolaire avec confiance ne dispense pas le professeur d’être lucide.


Comme toute profession, la nôtre est encadrée par des règles et il est indispensable, individuellement et collectivement, de les faire respecter.


Malgré les pressions exercées par l’administration sur les professeurs, nos obligations de service sont encore régies par nos statuts.

 

Services partagés, pondérations, horaires statutaires, HSA, HSE, IMP, mission "devoirs faits", "heures de vie classe", notre métier devient un maquis de plus en plus incompréhensible, surtout pour les jeunes enseignants qui bien souvent renoncent à défendre ou seulement comprendre leurs droits.

 

Le SNCL-FAEN est là pour vous aider et vous accompagner, n'hésitez pas à nous contacter !