Une rentrée dans la colère

Une rentrée dans la colère - SNCL-FAEN

 En beaucoup de points, notre rentrée ressemble aux précédentes. Cette année encore, 400 écoles sont fermées partout sur le territoire, quoi qu’ait promis le Chef de l’Etat au printemps. 

  Cette rentrée encore, des centaines de postes de professeurs des écoles, et d’enseignants du second degré, restent non-pourvus, les étudiants fuyant désormais en masse les concours de l’enseignement. Comment ne pas le comprendre, au vu de la dégradation sans précédent des conditions d’exercice de nos métiers ?

  Cette rentrée encore, des milliers d’élèves, principalement des académies de Versailles et de Créteil, commencent l’année sans professeur de mathématiques, ou d’allemand, … 

  Cette rentrée encore en Guyane, à Mayotte, il y a aura une application de la loi à deux vitesses, car des enfants de trois ans et plus n’y seront pas scolarisés, malgré les messages optimistes du gouvernement, et des classes d’éducation prioritaire n’y seront pas dédoublées, faute d’enseignants, faute de locaux, ou seulement faute d’eau. 

  Mais la rentrée 2019 amène aussi son lot de nouveautés. Dans nos lycées, une incertitude particulièrement stressante s’abat sur tous les professeurs de 1ère. Manquant de courage politique pour présenter avec honnêteté son projet de restriction budgétaire, le ministère de l’Education nationale a en effet préféré jouer la confusion et tenter de faire passer les pertes d’heures et les fermetures de postes par centaines pour un progrès formidable. Les informations viennent au compte-goutte. Les séries sont supprimées dans l’impréparation totale. 

  Mais le but de Mr. Blanquer n’a jamais été de réussir cette réforme. Seulement de faire croire qu’elle est une réussite, à des fins strictement médiatiques.  Prix de cette escroquerie, les enseignants reçoivent leurs emplois du temps alambiqués, et doivent travailler avec des manuels scolaires qu’on a tout juste fini d’imprimer en juillet, bourrés de coquilles ahurissantes. Cela frise le sabotage. Les professeurs ont été empêchés d’anticiper leurs nouvelles missions. La perte des heures disciplinaires dans tous les lycées de France, et la réduction du Baccalauréat à un triste fantoche dont on ne sauve que les apparences, causeront en deux ans un appauvrissement général gravissime du niveau d’exigence de l’instruction publique. Toute une génération de lycéens sacrifiés sur l’autel de l’électoralisme obsessionnel d’un gouvernement qui ne survit plus que pour l’image et les sondages. 

  Pendant que nous étions en congés, les nouvelles lois dites de « l’école de la confiance » et de « transformation de la fonction publique » ont été adoptées. 

 Jolie confiance que celle qu’on peut accorder à des ministres qui font voter ces lois cruciales en juillet… La dérégulation de nos professions est désormais légale. Un champ libre est laissé à toutes sortes d’expérimentations incontrôlables, comme à un recrutement massif d’enseignants contractuels : au terme du mandat du Président de la République, un enseignant sur quatre sera une personne non titulaire, non formée, non diplômée, corvéable à merci, licenciable sans motif et sous payée, en toute légalité.

 Le plus grave pour l’avenir reste ce rapport de confiance définitivement brisé entre le million de personnes que représentent les personnels de l’Education nationale, et les quelques dizaines qui travaillent contre elles rue de Grenelle. 

 Maintenant que le mensonge d’Etat est devenu banal, maintenant que le Ministre lui-même n’a pas hésité à mentir et à transgresser la loi lors de la grève du Bac pour ne pas perdre la face le soir venu sur TF1, qu’on a usé de violence et d’intimidation contre des fonctionnaires trop consciencieux, pour les faire rentrer dans le rang, comment ne pas rire jaune à l’annonce des fameux « 300 euros » lancés en l’air le 30 août dernier par J.M Blanquer ? Jetant ce coup de comm’ préventif face à la colère qui n’a jamais tant grondé avant même la rentrée, il n’a fait qu’insulter une fois encore l’intelligence des agents dont il a la charge. Faut-il perdre encore du temps à montrer que ces 300 euros, finalement annuels, finalement bruts, finalement imposables, finalement déjà prévus dans le Parcours Professionnel de Carrière décidé par le gouvernement Hollande il y a plus de trois ans, ne sont en aucun cas un effort nouveau ni un premier geste de réconciliation ? Seulement une nouvelle tentative de faire passer l’effet mécanique d’un accord déjà acté pour un cadeau nouveau. Entourloupe qui commence à être bien connue, puisqu’on l’a déjà servie à d’autres à propos du SMIC, il y a quelques mois, au plus haut sommet de l’Etat. 

 Faute de prendre conscience de l’ampleur de la crise, le ministère, lui, persiste dans les jeux d’affichage, agitant le drapeau national désormais obligatoire dans chaque classe, à côté de notre hymne national. Reste à savoir si on y lira aussi le quatrième couplet de  Rouget de Lisle, qui fustigeait déjà en son temps et à si juste titre « les perfides, opprobre de tous les partis ».

 En cette rentrée, en tant que fonctionnaire, les personnels titulaires de la Fonction publique subiront aussi le resserrement de l’Etat sur ses plus simples missions régaliennes, au détriment de l’école publique, et notamment de sa sanctuarisation et de son dialogue social. Les derniers vestiges des avancées sociales de 1982 ont été dispersés pendant l’été, d’un claquement de doigt. Le 28 juillet précisément, avec la parution au journal officiel de la loi qui va supprimer la quasi-totalité des missions dévolues aux commissions paritaires dans nos métiers. Coup de poignard terrible porté à la représentation syndicale dans la Fonction publique, alors que les récentes actualités n’ont fait que démontrer à quelle violence pouvait aboutir ce mépris des gouvernants envers les corps dits « intermédiaires ». 

 Mais ce n’est pas fini ; car c’est maintenant au tour de notre régime de retraites d’être attaqué (lire notre dossier ici). Pardon, « optimisé » devrait-on dire… Optimisées, libéralisées, déréglementées, nos écoles à leur tour seront prêtes pour un nouveau monde et sa nouvelle logique managériale. Ne resteront plus que les murs à vendre.

ACADEMIE DE LYON : quand on remplace les profs par des écrans

ACADEMIE DE LYON : quand on remplace les profs par des écrans - SNCL-FAEN

Afin de camoufler la catastrophe engendrée par sa pseudo-réforme du lycée, qui n'en finit plus d'appauvrir l'offre d'enseignement de nos lycées en provoquant fermetures de postes et de classes, le Ministère sait se montrer riche en idées nouvelles.

Ainsi dans l'académie de Lyon, les services académiques peu scrupuleux viennent de proposer à une enseignante d'Italien d'assurer ses cours sur plusieurs établissements simultanément par visio-conférence.

Vous avez bien lu, il s'agirait pour elle, dès la rentrée, d'assurer deux services de 3 heures dans deux lycées différents, mais en ne réalisant que 2 heures effectives d'enseignement, une dans chaque lycée. Les élèves, quant à eux, bénéficieraient donc d'une heure d'enseignement "ordinaire" avec leur professeur présente, et suivraient, pendant l'autre heure, le cours fait à distance par l'enseignante en direct avec son autre classe, via un système de visio-conférence. Leur troisième heure d'italien consisterait, selon la proposition du Directeur Académique des Services de l'Education nationale, à une heure de "travail en autonomie", cette fois-ci sans prof ni écran ! 6 heures de cours "assurées" pour seulement 2 heures à payer, le dispositif permettrait ainsi des économies inédites !

Formidables conditions pour l'apprentissage linguistique... Quelle noble idée du métier d'enseignant doit-on avoir pour oser proposer une telle organisation ? Courageuse, mais pas téméraire, la direction laisse l'enseignante décider ou non de mettre en place cette "expérimentation" (autrement dit de choisir entre se soumettre à cette idée, ou perdre son poste...).

Le nouveau management, et l'éducation 2.0 sont "en marche"...

Pour le SNCL FAEN, ces bricolages ridicules et anti-pédagogiques ne sauraient leurrer personne : c'est bien le lycée français qui est en train d'être sabordé avec violence, et si les options moins conventionnelles sont les premières à être touchées, ce n'est que le début d'une hécatombe appelée à s'amplifier pendant les deux ans qui viennent et le déploiement complet du projet ministériel, qui n'épargnera aucune discipline.

Nous ne pouvons accepter non plus le chantage et la pression exercés sur les collègues qui sont soumis à des non-choix, par la menace de la fermeture de leurs postes. 

Afin de défendre notre Education nationale, et l'ensemble de notre fonction publique, nous appelons tous les fonctionnaires à se mobiliser le 9 mai prochain.

 

Guerre éclair contre la Fonction Publique et ses syndicats

Guerre éclair contre la Fonction Publique et ses syndicats - SNCL-FAEN

   Alors que le Président de la République et le Gouvernement ont engagé un « grand débat national » sur une série de questions, les personnels de l’éducation nationale et en particulier les professeurs ont déjà rendu leurs conclusions sur les réformes du ministre de l’éducation nationale lors des élections professionnelles de décembre 2018. L’écrasante majorité des suffrages s’est portée sur les listes des syndicats opposés à la réforme du baccalauréat, opposés à la réforme du lycée, opposés à la réforme de la voie professionnelle et opposés à la réforme du collège.

 
     Pourtant, quel que soit le sujet, le Ministre continue de conduire un simulacre de concertation et de dialogue social, impose ses réformes en tentant de faire croire qu’elles sont approuvées par les professeurs, et ne tient pas compte des votes des représentants des personnels dans les différentes instances (CTM, CTA, CTSD, CAPA, CAPD, CSE).


     Les dotations allouées aux académies, aux départements, aux établissements, pour préparer la rentrée 2019 reposent sur le fait que deux heures supplémentaires annuelles pourront être imposées au lieu d’une actuellement. Ces dotations insuffisantes en heures postes sont rejetées à tous les niveaux par les personnels et leurs représentants, tout comme la modification des statuts qui permettrait d’imposer 2 HSA.


     Le Président de la République et le Ministre ne font rien pour faire cesser la paupérisation et le déclassement moral et social qui frappent notre profession. Par ailleurs, la valeur du point d’indice est à nouveau gelée, le taux de la retenue pension civile augmente chaque année et la journée de carence pour congé de maladie a été rétablie.


     L’avant-projet de loi de « transformation de la fonction publique » a été présenté au conseil commun de la Fonction Publique. Il s’agit d’une attaque sans précédent contre la Fonction Publique, les statuts, le paritarisme, les droits des fonctionnaires et leurs syndicats.


     Le Gouvernement veut tout simplement supprimer tous les acquis et toutes les protections mises en place après la Seconde Guerre mondiale et remettre totalement en cause le modèle de la Fonction Publique. La mise en place d’une « démocrature » se poursuit.


     Cette loi prévoit de réduire quasiment à néant les attributions des Commissions Administratives Paritaires qui sont la pierre angulaire de la défense individuelle et collective des agents et qui garantissent la transparence des opérations et l’égalité de traitement.


     Dès janvier 2020, les Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus consultées pour les mutations, la mobilité, les avancements ou les promotions.


     Les futures Commissions Administratives Paritaires ne seraient plus instituées par corps (différents corps de professeurs, CPE, différents corps de personnels administratifs etc.), mais par catégories (catégorie A, catégorie B, catégorie C) et seraient uniquement consultées en cas de recours individuel ou pour sanctionner les personnels (commission disciplinaire).


     Cette loi permettrait de recourir massivement aux contrats, de nommer des non-fonctionnaires dans les emplois de direction de la Fonction Publique d’Etat et créerait un « contrat de projet » (CDD d’une durée maximale de 6 ans, sans droit à CDI ou à titularisation).


     C’est une guerre éclair qui nous est déclarée. Le calendrier du Gouvernement est le suivant : présentation en Conseil des Ministres en mars, débats à l’Assemblée nationale en mai et au Sénat en juin, adoption de la loi en juillet, application dès janvier 2020.


     L’étape suivante consiste à basculer dès 2025 les fonctionnaires (et les autres régimes) dans le régime de retraite universel à points voulu par le Président de la République. Ce projet (qui ne constitue malheureusement pas une surprise) devrait être dévoilé dans quelques semaines.


     Le SIES, le SNCL et leur fédération, la FAEN, appellent l’ensemble des personnels à prendre conscience de la gravité de la situation et à se mobiliser contre cette loi pour faire échec aux projets du Gouvernement.                                                                                                   

Mutations inter-académiques : résultats 2019

Mutations inter-académiques : résultats 2019 - SNCL-FAEN

Le premier bilan des mutations entre académies pour la rentrée 2019 est désormais disponible. Vous trouverez ci-dessous un tableau présentant les "barres" d'entrée par discipline pour chaque académie.

 

Les valeurs indiquées correspondent au barème le plus petit des candidatures retenues pour entrer dans l'académie, dans la discipline concernée.

 

Pour toute question ou suivi de vos résultats, n'hésitez pas à nous contacter.

 

C'est maintenant la phase "intra-académique" qui va suivre pour tous les entrants (et les stagiaires futurs titularisés !). Nous sommes à votre disposition pour vous aider dans cette nouvelle étape !