Assassinat perpétré à Conflans-Sainte-Honorine

Assassinat perpétré à Conflans-Sainte-Honorine - SNCL

 

Tous les professeurs de l’Éducation nationale, et au-delà tous les fonctionnaires des ministères EN et Supérieur sont sous le choc après le meurtre perpétré à Conflans-Sainte-Honorine. Samuel Paty, notre collègue, a accompli son métier comme nous tous en mettant en œuvre, entre autres missions, la Charte de la laïcité. Affichée dans tous les établissements de France, cette charte a été élaborée à l'intention des personnels, des élèves et de l'ensemble des membres de la communauté éducative. Elle offre ainsi un support privilégié pour enseigner, faire partager et faire respecter ces principes et ces valeurs, mission confiée à l'École par la Nation et réaffirmée dans la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République du 8 juillet 2013.

 

Les articles 10 et 12 de cette loi spécifient ce que notre collègue accomplissait au quotidien par son enseignement :

 

Art 10. Il appartient à tous les personnels de transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République [...].

 

Art 12. Les enseignements sont laïques. Afin de garantir aux élèves l'ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde ainsi qu'à l'étendue et à la précision des savoirs, aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique. Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question au programme dans le cadre scolaire.

 

Défendre les valeurs de la République n’est pas simple, nous le savons. Les pressions sont multiples. Les professeurs ont souvent besoin du soutien sans faille de leur hiérarchie pour agir. Celui-ci n'est pas toujours à la hauteur. Ils attendent surtout depuis trop longtemps des décideurs nationaux les engagements qui permettront de restaurer leur autorité : non de simple discours.

 

Nous, syndicat SNCL, ne ferons pas semblant d'ignorer que ce crime très probablement commis  par un jeune de dix-huit ans prend aussi racine dans l'échec de la Nation à faire prévaloir son idéal et ses valeurs républicaines dans l'esprit de sa jeunesse. Ainsi, à nos yeux, ceux qui année après année, plan d'austérité après plan d'austérité, démantèlement statutaire après démantèlement statutaire ont mis à genoux notre école républicaine, la rendant incapable de mener à bien ses missions, portent aujourd'hui une part de responsabilité indéniable.

 

Nous ne pouvons plus supporter l'extrême fragilité des enseignants face à leur mission désormais impossible, abandonnés par leur hiérarchie, privés d'autorité et d'aura, désavoués, méprisés, et qui ne peuvent même plus exercer leur métier dans certains secteurs sans risquer qu'on les assassine.Nous ne pourrons pas supporter qu'une fois de plus un ministre de l'Education nationale s'en sorte en noyant le problème sous quelques annonces médiatique et beaucoup de langue de bois.

 

Les revendications du SNCL sont claires, elles sont inscrites noir sur blanc dans notre motion pédagogique depuis des années : le SNCL exige pour tous "le droit au travail dans la sérénité, en toute sécurité dans tous les établissements, ce qui passe par le respect des personnes, [...]  par le rétablissement de la discipline ainsi que par la lutte contre toute forme de violence et le soutien automatique de la hiérarchie".

 

Nous demandons la mobilisation immédiate de tous les moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour apporter ces garanties dans toutes nos écoles, sans conditions.

 

Depuis toujours également, la question de la laïcité est primordiale dans nos revendications. Ainsi pour le SNCL, tous ceux qui depuis quelques années jouent avec le feu, transigent avec la laïcité soit par faiblesse, soit par calcul politique, ne sont pas non plus exempts de responsabilité.

 

Après consultation de nos instances nationales, nous publierons prochainement un plan revendicatif de défense de la laïcité et demanderont aux ministères de prendre position sur ces demandes.

 

Notre détermination est totale. Nous ne lâcherons rien avant d'avoir obtenu gain de cause.


 

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Norman Gourrier, Secrétaire Général du SNCL, revient sur la gestion désastreuse de la rentrée 2020.

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