Prof-bashing pour masquer les manquements ministériels !

Prof-bashing pour masquer les manquements ministériels ! - SNCL

Le SNCL est indigné par la campagne médiatique orchestrée ces derniers jours contre les enseignants. Sans aucun scrupule, le ministre de l’Education nationale a alimenté cette propagande de dénigrement, meurtrissant profondément des milliers de collègues épuisés psychiquement par des mois de travail supplémentaire, d’improvisation pédagogique et de contradictions permanentes de leur hiérarchie. Les médias privés et publics qui ont relayé ces calomnies ont par ailleurs de sérieuses questions à se poser sur la moralité de leurs actes. 

La vérité est que les enseignants furent parmi les premiers à se mobiliser contre l’épidémie en accueillant dès les premières semaines la totalité des enfants des personnels soignants, malgré le haut risque de contamination. Faut-il rappeler que l’un des premiers morts du covid-19 dans l’Oise, fin février, fut un professeur ? Rappelons aussi que le 12 mars, à quelques jours de la décision officielle de confinement, un nouveau cluster apparaissait en Bretagne avec dix nouveaux cas diagnostiqués. Tous sont enseignants. 

Face au haut facteur de risque apparaissant dans la profession et l’état des connaissances scientifiques à ce stade, la fermeture des écoles apparait alors absolument prioritaire. Le ministère la décide, révélant au grand jour son impréparation totale. La dernière semaine de cours sera travaillée normalement au lieu d’être mise à profit pour préparer le suivi des élèves à distance. Cette erreur est celle du ministère et engendrera le décrochage de millions d’élèves. 

Durant tout le confinement, les enseignants ont démultiplié leur temps de travail pour réussir seuls ce que le Ministère s’est révélé incapable d’anticiper ou d’organiser. Ils vont trouver seuls leurs moyens de communication, leurs techniques d’apprentissage et d’échange. Les maigres guides officiels n’arriveront qu’avec des semaines de retard. Durant toute cette période (deux mois), les enseignants ont réalisé ce travail à leurs frais, utilisant leurs ordinateurs, leurs imprimantes, leurs téléphones, leurs abonnements internet. Pas un mot de remerciement de la part de JM. Blanquer, mais il est vrai que faire fonctionner l’institution aux dépens des professeurs est devenu la norme. 

À la sortie du confinement, les enseignants n’ont pas choisi de retourner ou non en présentiel, contrairement à ce que les mensonges de France 2 ou de BFM TV laissent à penser. En fonctionnaires consciencieux, ils ont fait ce qu’on leur a dit de faire. Ce n’est pas leur faute si le ministère a dit tout et son contraire, promettant de rescolariser tous les enfants d’un côté, et interdisant de fait la réouverture de milliers d’établissements par des protocoles inapplicables sur le terrain de l’autre... 

Le fait que 15 à 30 % des élèves soient actuellement présents dans les écoles explique en soi seul pourquoi 100 % des enseignants n’y sont pas. Cela serait non seulement inutile mais même contre- productif. Pourtant, 100 % des enseignants sont bien d’ores et déjà au travail, comme ils l’ont été durant toute la crise, parce qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe de suivre les 70 à 85 % restants d’élèves qui n’ont pas repris le chemin de l’école. C’est ce que font encore aujourd’hui les enseignants, cumulant parfois le présentiel avec le suivi à distance et faisant double travail (sans prime ni augmentation de salaire bien sûr), allant volontiers au-delà de leurs missions pour le bien de leurs élèves. 

Que le ministre veuille masquer ses manquements (et probablement récupérer de l’argent en inventant de nouvelles sanctions pour des enseignants qu’il estimera tire-au-flanc) et offre ses agents en pâture aux médias est à la fois indigne et révoltant. Le SNCL, lui, souhaite qu’il ait l’honnêteté de reconnaitre simplement que « la garderie nationale » doit refonctionner au plus vite pour le bien de l’économie française ; ce qui serait reçu finalement comme moins insultant par les professeurs.

 

COntractuels administratifs et enseignants : le covid19 a bon dos

COntractuels administratifs et enseignants : le covid19 a bon dos - SNCL

Le SNCL a reçu bon nombre de témoignages affligeants sur la paye des contractuels : la prolongation des contrats initiaux avec des rédactions d'avenants rend l'application de leur  droit au salaire régulier très précaire et parfois des pratiques illégales sont à noter de la part de l'employeur. Voici des nouvelles des académies de Toulouse, Créteil, Lyon. Certains contractuels ne reçoivent que des acomptes pour des contrats signés le 1er mars 2020. Des indemnités de congés payés sont payées six mois après. Des changements d'indice non effectués depuis plus d'un an , des fiches de vœux avec des engagements pires que pour les titulaires à « accepter tout poste proposé sous peine d'être rayé du vivier », des suppléments familiaux sans date d'effet de traitement plus de six mois après la signature d'un contrat, des ISOE oubliées … Des contrats de base mentionnant un nombre d'heures très inférieur au nombre d'heures effectuées !

 La coupe est pleine ! Le SNCL rappelle que cette question a déjà été évoquée à l'Assemblée Nationale le 28 mai 2013  et que depuis rien n'a changé : même mépris, même précarité ! 

 Au vu des dysfonctionnements évoqués, le SNCL demande que les trains d'acompte  à raison  de deux à trois par mois soient systématiquement mis en place d'un montant  égal à 

90 % du salaire net mensuel dû à l'agent, en dehors de la chaîne normale de la paye mensuelle pour  atténuer l'effet dents de scie des rémunérations des contractuels qui se rendent disponibles du jour au lendemain, et qui dans la réalité travaillent bien souvent sans discontinuité.  

 Le SNCL demande en outre que le contrat de recrutement garantisse aux contractuels  le droit à un salaire payable mensuellement.

Risques juridiques encourus dans la reprise

Risques juridiques encourus dans la reprise - SNCL
11 ou 18 mai, des dizaines de milliers d'entre nous vont reprendre le chemin des écoles en nombre pour assurer à nouveau leurs cours en présence d'élèves potentiellement porteurs du virus covid-19. Nous sommes beaucoup à nous apprêter à le faire par engagement et devoir, en méconnaissant nos droits et obligations. 
 
Le SNCL a synthétisé pour vous l'ensemble des éléments indispensables à prendre en compte avant toute reprise.
 

Combien de temps encore utiliserons-nous notre matériel personnel ?

Combien de temps encore utiliserons-nous notre matériel personnel ? - SNCL

Il a toujours été impossible pour les ministères successifs de l'Education nationale ou de l'enseignement supérieur de reconnaitre la nécessité d'équiper et de former les enseignants en matériel informatique professionnel de pointe. La crise du covid-19 ne fait que révéler ce triste état de fait, tandis que de plus en plus de collègues sont contraints de sur-solliciter leurs propres ressources, appareils, consommables, téléphones, forfaits... pour faire face à l'urgence.
 

Retrouvez ici notre analyse complète de cette problématique et nos revendications en matière de numérique : Combien de temps encore utiliserons-nous notre matériel personnel ?