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GRETA : défendre la formation continue des adultes

GRETA : défendre la formation continue des adultes - SNCL-FAEN

Depuis 2011, le SNCL-FAEN, signataire du livre blanc de la formation continue, participe activement aux instances nationales qui ont pour mission de définir les conditions réglementaires d’une organisation optimale des GRETA.

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Notre volonté et notre action, fondées sur une connaissance précise des GRETA et des GIP-FCIP, s’inscrivent dans le sens d’un développement du réseau Éducation nationale tout en défendant les intérêts de ses personnels.

 

De nombreuses réunions ont cadré le renouveau réglementaire. Le ministère n’a eu de cesse de dialoguer avec les organisations syndicales, en particulier au travers du Comité National de Suivi de la réforme (CNS) créé en 2012. Pourtant, comme c’est souvent le cas, depuis avril 2017 (période pré-électorale), plus de son, ni d’image de la part de la centrale...

 

Si on peut, par habitude, anticiper le silence de l’administration avant les élections, on ne peut que s’étonner du mutisme du nouveau gouvernement. Quels sont ses choix en matière de Formation Continue des Adultes (FCA) ?

 

Rappelons-nous la période remontant à 2011. La loi de simplification du droit, dite loi Warsman, avait purement et simplement supprimé les GRETA du code de l’éducation, les transférant au GIP-FCIP académique. Cette « gipisation » des GRETA a soulevé beaucoup d’inquiétudes et d’incompréhension de la part des personnels.

 

Le SNCL-FAEN s’est battu avec les agents des GRETA pour contribuer au retour de la mission de formation continue des adultes (FCA) au sein de l’Education nationale. Il aura fallu un changement de gouvernement pour que cette mission FCA soit réintroduite dans le code de l’éducation à partir de 2012.

 

Qui était directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) en 2011 ? Jean-Michel Blanquer bien sûr, notre actuel ministre ! Dès lors faut-il voir ce silence comme un retour en arrière, comme une volonté de libéralisation de la FCA de l’Education nationale ? Va-t-on de nouveau vers une « gipisation » des GRETA ?

 

Alors pourquoi être contre un projet qui vise à n’avoir qu’un seul GRETA par académie ? Nous observons le mouvement actuel de fusion des GRETA qui tend à diminuer leur nombre : passage de 265 GRETA en 2008 à 137 actuellement.

 

La réponse tient au statut des GIP. Le Groupement d’Intérêt Public n’est pas sous statut Fonction publique d’Etat. Donc les agents mis à disposition, détachés ou contractuels en son sein ne sont plus sous tutelle directe de l’Etat. Leurs droits et leur carrière sont mis entre parenthèses, en particulier la possibilité offerte à tout agent non titulaire d’accéder à la fonctionnarisation par concours réservé.

 

Regardons aussi du côté de la performance que ces regroupements (pour ne pas dire fusion-acquisition) engendrent : certes la surface financière permet une capacité d’investissement (en ressources humaines et matériel) plus importante mais en contrepartie, la gestion des personnels et des activités s’en trouve grandement et négativement affectée.

 

Les observations que l’on peut faire tendent à prouver que la participation (sur un territoire géographique plus grand) des chefs d’établissement est inversement proportionnelle à la distance à parcourir pour collaborer aux instances internes. Que dire des responsables de GRETA qui doivent désormais, parallèlement à leurs responsabilités en formation initiale, piloter non plus un navire de taille moyenne mais des paquebots ?

 

N’oublions pas, et ce n’est pas médire que de le formuler, que les chefs d’établissement sont des « intermittents » de la formation continue. Non pas qu’ils s’en désintéressent mais ils s’appuient sur les personnels des GRETA et les conseillers en formation continue (CFC) pour mener à bien ces activités, et ceci d’autant plus que leur temps de séjour dans un EPLE est limité.

 

Les fusions ont eu aussi une conséquence que nous n’avions pas anticipée : la modification structurelle des missions et activités de CFC. On leur impose de plus en plus d’avoir une activité commerciale, certains n’hésitant pas à parler de technico-commerciaux.

 

Or faut-il encore le rappeler, les CFC sont des agents de développement. Même si leur référentiel d’activités métier tient compte d’une approche mercatique, ils n’en doivent pas pour autant être contraints à faire le tour des entreprises avec leur bâton de pèlerin GRETA. Car faut-il encore être certain de « vendre » une prestation réalisable !

 

Vous le voyez, alors que l’on pouvait porter l’espoir d’une amélioration de la situation des GRETA et des personnels y travaillant, nous ne pouvons que nous inquiéter des orientations prises ces dernières années (malgré certaines avancées) et des orientations non prises tout récemment.

 

Le SNCL-FAEN est et restera vigilant sur ce sujet de la formation des adultes qui est un fleuron de notre ministère tant les innovations ont été nombreuses depuis la création des GRETA.

 

Un peu d’histoire : fin d’une utopie, 1972

 

En juillet 1972 Olivier Guichard, « instigateur » des GRETA, quitte son poste de ministre et est remplacé par Joseph Fontanet. Ce dernier met un terme au plan stratégique[1] défini par Raymond Vatier qui s’étendait jusqu’en 1976, fin de mandat prévu du président Pompidou.

 

Mais pour Joseph Fontanet, « la formation professionnelle des adultes n’est pas l’affaire de l’école ». Raymond Soubie, devenu responsable de Raymond Vatier, enjoint les recteurs de nommer rapidement les DAFCO mettant ainsi en déroute la stratégie de mise en place progressive des responsables choisis pour leurs compétences.

 

On souhaite, dans les couloirs des ministères, confier prioritairement la formation des adultes à l’AFPA, ce qui reste une option possible mais encore faudrait-il lui donner les moyens définis pour les GRETA.

 

Une autre réalité s’impose alors : la FEN a interprété la création des GRETA et leur implication dans le champ des entreprises comme une infiltration des patrons dans les écoles.

 

Le ministre Fontanet « démocrate-chrétien » s’oppose (silencieusement) à l’action des GRETA afin de redorer son blason et de ne pas être dénoncé comme le défenseur de l’enseignement privé. Aucune consultation pour cette réorientation politique et stratégique.

 

Néanmoins, isolé mais toujours influent, Raymond Vatier (il a alors décidé de rester pour défendre au mieux son projet), s’attache à conforter la vie des GRETA. En effet, dans notre administration, il est tout à fait possible d’avancer sans détenir une quelconque autorité politique. Mais cette méthode inscrit dans sa genèse le mode de fonctionnement du réseau FCA au sein de l’Education nationale : une forme de clandestinité s’installe.

 

Malheureusement Raymond Vatier n’aura pas la possibilité de créer les statuts ad hoc des DAFCO et des CFC.

 

C’est à cette période, s’appuyant sur l’opiniâtreté de recteurs, que des enseignants volontaires ont pu découvrir le monde de l’entreprise lors de stages longs. Leurs retours sont très positifs comme en témoignent leurs écrits.

 

Enterrement prévu des GRETA, 1974

 

En mai 1974, René Haby prend la tête du ministère. Il qualifie alors de « fantasme soixante-huitard » l’intervention des écoles dans la formation continue des adultes. Il décide donc d’arrêter toute velléité de continuer dans cette voie (il a en tête le collège unique) et prétend que les GRETA mourront d’eux-mêmes. De fait, persuadé d’une mort imminente, il ne prend aucune mesure administrative d’extinction.

 

Ce que René Haby n’a pas administrativement supprimé perdurera… jusqu’à aujourd’hui… mais dans la clandestinité de notre ministère.

 

Clandestinité dont nous voulons sortir les GRETA.



[1] Pour conforter les structures, recruter les personnels et définir les statuts des CFC et des DAFCO