
Les débats parlementaires autour de la proposition de loi sur le « parcours inclusif », durant ce mois de mai, ont remis au centre des discussions la question de l’avenir des AESH et des moyens réellement accordés à l’école inclusive.
Premier résultat du retour de la loi devant les députés : le projet de généralisation des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité), destinés à remplacer progressivement les PIAL, a finalement été retiré du texte lors de son examen en commission. De nombreux élus ont dénoncé un dispositif mis en place trop rapidement, sans bilan sérieux ni garanties suffisantes pour les élèves comme pour les personnels.
Pour le SNCL, cela va tout à fait dans le sens de nos propres constatations (que nous avons déjà eu l’occasion d’exposer lors de nos numéros précédents, notamment lors des réunions de bilan ministérielles sur le sujet auxquelles le SNCL avait été convié). Cette décision d’abandon montre surtout que l’école inclusive ne peut pas continuer à se construire dans la précipitation, sans concertation réelle avec les personnels de terrain ni sans une analyse fine de l’existant.
La question essentielle de la formation des AESH
Les échanges ont également mis en lumière une réalité que les AESH connaissent depuis longtemps : la formation actuelle reste largement insuffisante face à la variété des situations auxquelles sont confrontés ces personnels.
Plusieurs amendements ont été adoptés dans ce sens, insistant désormais davantage sur le renforcement de la formation initiale et le développement de la formation continue. Ils encouragent également une meilleure préparation avant la prise de poste et la mise en place de formations adaptées à la diversité des situations de handicap rencontrées dans les établissements. Les 60 heures de formation actuellement prévues ne permettent pas d’exercer sereinement des missions de plus en plus complexes.
Pour le SNCL, ces évolutions du texte forment une étape importante, mais elles devront impérativement être suivies d’effets concrets. Une véritable politique de formation nécessite a minima des contenus adaptés aux réalités professionnelles, qui ne se rédigent pas du jour au lendemain.
L’école inclusive ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des personnels
Les discussions ont également rappelé les difficultés persistantes rencontrées dans les établissements : manque, évidemment, d’AESH, se traduisant par des accompagnements incomplets ou des mutualisations excessives ; une coordination insuffisante avec le secteur médico-social et une quasi-absence de visibilité pour les familles et les professeurs. La mise en place du livret du « Parcours inclusif » peut en ce sens être une bonne chose, et jouer le rôle de facilitateur dans les échanges d’informations entre toutes les parties. Cet outil devrait réunir toutes les informations utiles sur chaque élève inscrit dans le parcours, et devrait être consultable par tous les adultes impliqués dans sa scolarité
Les revendications du SNCL
Quoi qu’il en soit, le développement de l’école inclusive ne peut pas se résumer à des réorganisations administratives ou à des outils numériques. Sans recrutements, sans formation renforcée et sans amélioration des conditions de travail, les personnels continueront à porter seuls les insuffisances du système ; un système qui atteint aussi ses limites et devrait amener chacun à reconnaitre que le tout inclusif ne peut être tenable à long terme, principalement au vu de l’explosion du nombre de diagnostics de besoins spécifiques posés sur les enfants des nouvelles générations. Une augmentation constante et qui ne montre aucun signe de faiblesse…
Le SNCL, dans ce contexte continuera de défendre :
• Une véritable reconnaissance financière du métier d’AESH ;
• Une formation initiale et continue renforcée et des temps de formation intégrés au temps de travail pour ces derniers ;
• Des moyens humains suffisants pour garantir un accompagnement de qualité aux élèves ;
• Le déploiement de structures alternatives à l’inclusion en classe, pour servir de relais et/ou de passerelles au gré des besoins particuliers de chaque élève.
• Le déploiement d’outils de communication efficaces dont le poids administratif ne doit retomber ni sur les écoles, ni sur leurs enseignants.
Les AESH sont aujourd’hui indispensables au fonctionnement quotidien de l’école : mais il faut encore inventer les solutions qui permettront d’aboutir, demain, à une inclusion rationnelle et efficiente.