De nouveaux horaires au cycle 2 dès la rentrée 2026

À la rentrée 2026, les enseignants du cycle 2 vont devoir adapter une nouvelle fois leurs emplois du temps. Un arrêté publié au Journal officiel le 11 juillet 2026 modifie en effet la répartition des horaires d’enseignement du cycle des apprentissages fondamentaux. Cette évolution accompagne la mise en œuvre progressive des nouveaux programmes et concerne dès cette rentrée les classes de CP. Elle s’appliquera ensuite aux CE1 et CE2 à la rentrée 2027-2028

La principale modification concerne le domaine « Questionner le monde + enseignement moral et civique », qui disparaît en tant que bloc horaire unique. Les enseignements sont désormais distingués entre sciences et technologie, d’une part (1h10 de durée hebdomadaire moyenne), et histoire-géographie et enseignement moral et civique (1h20), d’autre part. Une évolution qui peut sembler essentiellement formelle, mais qui aura des conséquences très concrètes sur l’organisation du temps scolaire et la construction des emplois du temps.

Une nouvelle répartition qui complexifie encore l’organisation

L’objectif affiché est de donner davantage de lisibilité aux différents domaines d’enseignement et de mieux identifier les apprentissages attendus. Sur le principe, cette clarification peut sembler légitime. Les sciences, l’histoire, la géographie et l’EMC ne recouvrent effectivement ni les mêmes démarches ni les mêmes objectifs pédagogiques.

Mais pour les professeurs des écoles, cette nouvelle organisation intervient alors que les prescriptions pédagogiques se multiplient déjà. Les nouveaux programmes de français et de mathématiques du cycle 2 sont entrés en vigueur à la rentrée 2025 et font de la lecture, de l’écriture, du calcul et de la résolution de problèmes des priorités fortes. 

Il faut donc désormais articuler ces exigences avec une grille horaire modifiée et avec l'ensemble des autres enseignements. Chaque nouvelle modification de la répartition des horaires oblige les enseignants à reconstruire leurs progressions et leurs emplois du temps, alors même que le temps disponible n'est pas extensible. L’Histoire, associée à l’enseignement moral et civique, devra représenter 50 heures d’enseignement dans l’année, tandis que les sciences et technologies s’étendront sur 40 heures.

Clarifier les disciplines, mais sans alourdir les contraintes

Le SNCL ne conteste pas l’intérêt de ces distinctions dès l’école élémentaire. Au contraire, l’école primaire doit permettre aux élèves d’acquérir une culture générale solide et de comprendre progressivement le monde qui les entoure.

Mais cette ambition ne peut se traduire uniquement par une succession de nouveaux textes et de nouvelles grilles horaires. La question essentielle reste celle du temps réellement disponible pour enseigner.

Le professeur des écoles doit déjà répondre à de nombreuses attentes : apprentissage de la lecture et de l’écriture, maîtrise des premiers outils mathématiques, enseignement moral et civique, éducation physique et sportive, langues vivantes, sciences, histoire et géographie, éducation artistique… À cela s’ajoutent l'inclusion des élèves à besoins particuliers, les relations avec les familles, le suivi individuel des élèves, les évaluations et une charge administrative toujours plus importante.

La multiplication des prescriptions ne doit donc pas conduire à une école où l'enseignant passe davantage de temps à organiser, renseigner et évaluer qu'à enseigner.

Des programmes qui évoluent, des moyens qui doivent suivre

La rentrée 2026 constitue une nouvelle étape dans la réforme des programmes de l'école élémentaire. Le ministère indique que les programmes révisés doivent permettre de mieux préciser les attendus et les objectifs d'apprentissage annuels. 

Mais la réussite de ces évolutions dépendra largement des conditions dans lesquelles elles seront mises en œuvre. Les enseignants doivent disposer de temps de préparation, de formation et de ressources adaptées. Une réforme pédagogique ne peut être considérée comme achevée au moment de la publication d'un arrêté au Bulletin officiel, au risque d’avancer vers une école toujours plus « prescrite ». La place laissée à la liberté pédagogique est de plus en plus questionnée ; les programmes doivent naturellement fixer un cadre commun et garantir à tous les élèves l'accès aux connaissances fondamentales, mais cela ne doit pas conduire à transformer progressivement les professeurs des écoles en simples exécutants de prescriptions nationales.

Le SNCL est attaché à une école exigeante, structurée et ambitieuse, mais aussi à la responsabilité professionnelle des enseignants. Les équipes doivent pouvoir adapter leur organisation aux besoins de leurs élèves et aux réalités de leur école : à l'heure où le nouveau référentiel de la direction d'école renforce déjà les attentes en matière de pilotage pédagogique, il serait paradoxal d'accroître simultanément les prescriptions tout en laissant toujours moins de marges de manœuvre aux équipes.

La modification des horaires du cycle 2 n'est donc pas, en elle-même, contestable. Ce qui pose question, c'est l'accumulation des réformes et l'écart persistant entre les ambitions affichées et les moyens réellement accordés aux personnels. Le SNCL restera attentif à la mise en œuvre de cette réforme sur le terrain.

Publié le 27 août 2026