Enseignement supérieur et recherche : ce qui bouge, ce qui inquiète, ce qui se prépare

Ces derniers mois, plusieurs textes et annonces viennent rappeler que l’Enseignement supérieur et la Recherche restent au cœur de transformations profondes. Derrière des formules souvent rassurantes, les enjeux sont majeurs pour les personnels comme pour les étudiants. Le SNCL souhaite apporter un éclairage clair et indépendant sur ces évolutions.

Encadrer enfin l’enseignement supérieur privé

Le gouvernement a présenté, le 30 juillet 2025 en Conseil des ministres, un projet de loi visant à mieux réguler l’enseignement supérieur privé. L’objectif affiché est de lutter contre les dérives, les formations de faible qualité et les pratiques commerciales abusives qui fragilisent les étudiants.

Deux dispositifs de reconnaissance par l’État sont prévus : un système d’agrément et un dispositif de partenariat. Le texte introduit également des droits nouveaux pour les étudiants, notamment un droit de rétractation avant l’entrée en formation et des obligations d’information renforcées pour les établissements privés. Une période transitoire est annoncée avant l’intégration de ces établissements sur Parcoursup, à l’horizon 2027. Pour le SNCL, cette régulation était nécessaire, mais elle devra s’accompagner de contrôles réels et durables.

Intelligence artificielle : un cadre, mais encore beaucoup de questions

Le 7 février 2025, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a publié un cadre d’usage de l’intelligence artificielle en éducation. Ce document vise à encadrer l’utilisation de l’IA dans les établissements scolaires et universitaires, alors que ces outils se diffusent très rapidement.

S’il pose des principes généraux, ce cadre laisse encore en suspens de nombreuses questions concrètes pour les enseignants et les chercheurs : formation, responsabilité pédagogique, respect de la liberté académique et charge de travail supplémentaire. Les équipes attendent désormais des moyens, du temps et une véritable concertation.

Budget 2026 : un affichage sous contrainte

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une enveloppe de 26,7 milliards d’euros pour l’Enseignement supérieur et la Recherche. Le ministère met en avant la stabilité de ce budget dans un contexte de fortes contraintes financières.

Sur le terrain, cette stabilité interroge. Inflation, hausse des charges, besoins en recrutement et sous-financement chronique des universités font craindre que ce budget ne suffise pas à répondre aux besoins réels. Derrière les chiffres globaux, les personnels constatent une tension croissante entre ambitions affichées et moyens effectivement disponibles.

Publié le 4 mars 2026