Pourquoi le SNCL n’appelle pas à la grève du 29 septembre 2026

Chers collègues,

Après examen de la situation et des modalités de mobilisation envisagées pour le 29 septembre 2026, le secrétariat général du SNCL a décidé que notre organisation n’appellera pas les enseignants à participer à cette journée de grève.

Cette décision ne traduit évidemment aucun renoncement à nos revendications ni à notre détermination à défendre les intérêts matériels et professionnels des personnels de l’Éducation nationale. Elle ne prive pas non plus les sections académiques du SNCL qui le souhaitent de s’associer aux mouvements locaux et aux intersyndicales académiques lorsqu’elles existent, si cette action est jugée utile par les militants sur le terrain. Elle procède cependant d’une appréciation des modalités d’action retenues et de leur efficacité réelle.

Le SNCL considère que la multiplication des journées de grève perlées, sans véritable stratégie d’ensemble ni perspective clairement définie, atteint rapidement ses limites. Pour les enseignants, chaque journée de grève représente une retenue sur rémunération qui vient directement diminuer leur pouvoir d’achat. Dans le contexte actuel, alors que les personnels subissent déjà une érosion importante de leur rémunération réelle, il nous paraît difficile de leur demander de consentir de nouvelles pertes financières pour des journées d’action dont l'efficacité n'est plus démontrée.

Une mobilisation syndicale ne peut avoir pour seul résultat de faire perdre une journée de salaire aux collègues. Elle doit s'inscrire dans une stratégie susceptible de créer un rapport de force réel et de permettre d'obtenir des avancées concrètes. Le SNCL entend donc privilégier des modalités d'action réfléchies, construites et efficaces, plutôt que la répétition de journées de grève isolées.

Par ailleurs, le SNCL constate qu'il n'est pas associé à la démarche de l'intersyndicale nationale à l'origine de l'appel du 29 septembre. Notre syndicat est naturellement favorable au dialogue et à la recherche de convergences chaque fois que celles-ci permettent de défendre efficacement les personnels. Mais une participation à une mobilisation intersyndicale suppose que les organisations concernées soient réellement associées à sa préparation, à la définition de ses objectifs et à la détermination de ses modalités d'action. Or, depuis les prises de position sans compromis du SNCL sur la question de la laïcité à l’école ces dernières années, notre syndicat est systématiquement évincé des discussions intersyndicales au niveau national.

Dans ces conditions, le SNCL ne souhaite pas s'associer à une journée dont il n'a pas été partie prenante dans la construction, même si cela ne signifie nullement que le SNCL approuve la politique menée ou qu'il renonce à ses revendications.

Nous resterons naturellement attentifs à l'évolution de la situation et aux prochaines initiatives qui pourraient être proposées. Le SNCL prendra ses responsabilités chaque fois qu'une mobilisation nous paraîtra à la fois justifiée, construite et susceptible de produire un rapport de force efficace.

Le Secrétaire général du SNCL

Publié le 17 septembre 2026