
À la rentrée scolaire 2026, le ministère de l’Éducation nationale engage une vague massive de suppressions de postes, notamment dans le premier degré où1891 postes vont disparaître.
A l’heure où l’école est à bout de souffle avec des enseignants en souffrance, le ministère profite de la baisse démographique pour justifier ces suppressions. Le service public d’éducation est une nouvelle fois malmené par ceux qui prônent pourtant son importance.
Un mauvais calcul budgétaire aux dépens de la qualité éducative
Plutôt que de profiter de cette baisse démographique pour maintenir les postes d’enseignants et améliorer ainsi les conditions de travail en classe aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, le ministère nie les besoins pédagogiques des équipes. Répartir les mêmes élèves sur moins de classes aggrave la charge de travail des enseignants et fragilise les dispositifs éducatifs, notamment dans les zones populaires ou rurales. Se baser sur une moyenne, c’est fausser la réalité du terrain. Pour que l’école fonctionne, il faut des moyens. La pédagogie est l’essence même de notre métier mais pour répondre de façon individualisée aux besoins des élèves, il faudrait moins d’élèves par classe. Au lieu de ça, le ministère ferme des postes diminuant également le nombre de remplaçants disponibles. Ainsi, on retrouve bien souvent dans le 1er degré des collègues qui accueillent plusieurs jours voire plusieurs semaines dans leur classe les élèves de leur collègue absent et non remplacé. S’ajoute à cela l’inclusion des élèves à besoins particuliers avec des moyens insuffisants qui met à mal les enseignants et élèves.
Quand l’austérité s’attaque à l’avenir
Les choix actuels s’inscrivent dans une logique comptable plutôt qu’éducative. Réduire les moyens de l’Éducation nationale est une stratégie qui fera payer le prix fort aux professeurs et aux élèves. Plutôt que de renforcer l’école, les suppressions de postes risquent de dégrader les conditions d’apprentissage dès le plus jeune âge, de renforcer les frustrations et la fatigue des enseignants déjà sous tension permanente et d’accroître les inégalités scolaires.
Dans un contexte de pénurie d’enseignants, réduire encore les moyens disponibles n’est pas une solution raisonnable et ne risque pas d’attirer des volontaires pour passer le concours. Qui veut devenir professeur dans des conditions de travail dégradées, un climat de classe de plus en plus anxiogène, des moyens humains réduits, le tout sans revalorisation salariale ?
Les prétendues économies réalisées aujourd’hui se traduiront bientôt par une école moins capable d’assurer l’égalité des chances et de former les citoyens de demain. Les professeurs tiennent l’école à bout de bras… Pour combien de temps ?